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     Le XIXe siècle vit l'arrivée à Cuba d'un nombrecroissant d'esclaves yoruba, dans les quatre provinces de l'ouest del'île, principalement dans celles de LaHavane et de Matanzas. Cependantdès le recensement de 1789 les Yoruba étaient majoritaires parmi lesesclaves de Cuba. Ils sont originaires du quart sud ouest du Nigeria,voire de certaines parties du Bénin et même du Togo. Ils possédaientdes traditions culturelles et artistiques parmi les plus fascinantes ducontinent africain.
           Ils furent longtemps connus à Cuba sous le nom de Lukumí. Surles anciennes cartes d'Afrique on trouve parfois le nom de Ulkumi ouUlkami.  Selon certaines sources l'expression "olukumi",signifierait "mon ami".
       Durant l'époque coloniale, lareligion des Lukumí engendra, au contact du catholicisme, un culteappelé "Regla de Ocha" ou plus péjorativement "Santería"(la"Sainterie") dans lequel certaines divinités originelles ont étéassociées à des Saint catholiques, parfois de manière libre, parfoiscontraints et forcés par l'administration coloniale.
        Le panthéon yoruba comporte jusqu'à une centaine de divinités appelés Orichas (ou"Ochas"),dont une vingtaine de divinités plus importantes. De nombreuseslégendes de tradition orale relatent leur histoire, leurs passions etleurs exploits, tant ils sont semblables aux humains. Comme les dieuxgrecs de l'Olympe, on les distingue par leurs pouvoirs naturels ousurnaturels, leurs symboles ou "attributs", leur nourriture, leursjours de la semaine ou de l'année (selon à la fois les calendriersafricains et catholiques), leurs couleurs, leur musique, leurs prières,leurs danses et leurs chants spécifiques.
      Chaque initié, "fils"ou"fille" d'unOricha bénéficie de sa protection et portera un ou des colliers (etbracelets) de perles lui correspondant. L'Oricha n'est pas choisi parl'initié mais par les instances religieuses habilitées à consulter lesoracles. Une religion séparée - la Regla de Ifá-avecses prêtres-devins est également fondamentale et régit en quelque sorteles marches à suivre, dictées par les Orichas eux-mêmes.  Mais laRegla de Ocha possède également ses propres formes de divination,considérées comme moins importantes hiérarchiquement qu'Ifá.
   Communiquant également par le biais de la transe depossesion, que seuls les initiés peuvent atteindre, les Orichasdispensent messages, bienfaits ou punitions aux membres de la sociétéreligieuse ou à toute personne en contact avec mama chola palo mayombe photos celle-ci. Les adeptes dela religion yoruba ont également un ou des esprits individuels qui sontsouvent ceux des ancêtres, ou des parents disparus.
    Olofí ou Olodumare, Dieu Suprême, est le Créateur du Monde, et les Orishas ou Santos servent d'intermédiaires entre lui et les hommes. Parmi ceux-ci:

-Eleguá, divinité de la destinée, présents auxcarrefours et sur les chemins. Il ouvre la voie aux humains et estparfois associé au Niño de Atocha (l'Enfant-Saint d'Antioche), à SaintAntoine de Padoue ou à l'AnimaSola (l'Âme Solitaire du Purgatoire).

-Ogún, divinité des métaux, guerrier et forgeron,associé à Saint Pierre, ou SanPablo, Saint Jean Baptiste, l'ArchangeSaint Michel, ou l'Archange Saint Raphaël.

-Ochosi, divinité de la chasse, associé à Saint Norbert;

-Osun,  messager d'Obatalá, divinité guerrière associée à Saint Joseph ou San Ramón;

-Inle,  dieu-pêcheur, doué aussi de pouvoirs de guérison, associé à l'Archange Saint Raphael;

-Babalú Ayé,divinité des maladies, associé à SaintLazare, il correspond également à Asoyí (divinité "arará"), à Kobayende(divinité conga) et à Yerbe (divinité ganga-mandingue);

-Oricha Oko, agriculteur, associé à San Isidro Labrador;

-Osáin, herboriste et guérisseur, possède le Secretdes plantes. On l'associe généralement à Saint Sylvestre. Ses prêtres,les Osainistes, sont chargés de cueillir et préparer les plantes pourde nombreuses utilisations.

-les Ibeyi (Taebo et Kainde), jumeaux mythiques yoruba associés à Saint Cosme et Saint Damien;

-Agayú, le géant-volcan, père de Changó, associé à Saint Christophe, patron de La Havane;

-Changó,divinité de la musique (et donc destambours), de la foudre et de la virilite, associé à Sainte Barbe, il correspond également au Hebbioso arará, au Siete Rayos congo et auMamba mandingue;

-Obatalá,  roi des Orichas et divinité de la paix, associé à la Virgen de las Mercedes;

-Oduduá, ancêtre des yoruba, associé à San Manuel.

-Obba, une des épouses de Changó, incarnant la fidélite conjugale et associée à Sainte Rita;

-Yeggüá, est en relation avec les morts, et est associée à Nuestra Señora de los Desamparados, ou à la Virgen de los Dolores;

-Oyá, qui est en Afrique le fleuve Niger, déessedes vents et des tempêtes, autre femme de Changó, associée à la Virgende la Candelaria, ou à la Virgén delCarmén, ou encore à Sainte Therèsede l'Enfant Jésus.

-Yemayá, déesse de la maternite et de la mer, associée à la Virgen de Regla, mère de beaucoup d'Orichas;

-Ochún, Oricha des rivières et de l'amour, associé à la Vierge de la Caridad del Cobre, patronne métisse de Cuba;

-Orula, divinité de l'oracle, associé à Saint Francois d'Assise;

     Les adeptes possèdent chez euxdes autels où leur Oricha est physiquement présent, dans un otán(pierre consacrée) placée dans un réceptacle (soupière,chaudron,coffret,plat en terrecuite, etc…  selon lesOrichas) et entouréd'autres objets rituels symboliques. On y dépose des offrandes denourriture, boisson, bougie, tabac, etc…

      Chaque adepte ayant atteint aubout de quelques années le grade de Santero (au milieu de l'échelle desinitiations) pourra permettre à son Oricha d'habiter son corps via la transe de possession dans les cérémonies publiques nommées "toque de Santo", "tambor" ou "fiesta de Ocha".

         Il existeplusieurs catégories de "toques" yoruba: de batá, de güiro, ou debembé.  Les toques de Santo sont généralementaccompagnés par trois tambours batá, au départ dans les villes puisdans les campagnes, et aujourd"hui dans tout Cuba. Les toques de güiro sontaccompagnés par un ou deux tambours (aujourd'hui des congas), uneguataca (lame de houe) servant de cloche et deux ou trois chekerés(calebasses munies de filets de perles, secoués et frappés), d'abord àla campagne puis à la ville et aujourd'hui également dans toutCuba. Les toques de bembé, avec de deux à quatretambours spécifiques (de bembé), parfois frappés avec des baguettes,parfois à mains nues, et une cloche. Il existe différentes formes degüiro et de bembé selon les régions de l'île.  De même, deuxgrands styles originels de jeu existent sur les tambours batá, celui deLaHavane et celui de Matanzas, et les deux se sont répandus dans l'île.

       Ces pratiques rituelles yoruba très populaires à Cuba, avec leurs musiques et danses, se sontégalement exportées hors de l'île, aux USA, au Venezuela, au Mexique, àPortoRico, voire au Brésil, en Europe, etc…
       Les tambours, les chants etla danse honorent, invoquent et appellent les Orichas et favorisent latranse de possession, phénomène courant reconnu (mais non expliqué) parla science. On loue, on formule des demandes, on remercie (et parfoison provoque en les insultant) les Orichas, afin de résoudre unproblème, pour des funérailles, pour les esprits des morts et lors decertaines processions catholiques.
    Lesbatá sont les tambours de Changó, mais on les joue pour toutes lesdivinités. Bimembranophones (deux peaux de tailles différentes) et enforme de sablier, ils sont souvent en bois de cèdre avec des peaux dechevreau (ou parfois de cerf). Posés horizontalement sur les genoux,ils sont frappés avec les mains nues (parfois à Matanzas avec unmorceau de cuir sur la petite peau). La peau la plus large est l'enú (la bouche), la plus petite le chachá.  Ils consistent par ordre décroissant en:

-iyá ('mère' en yoruba, qualifiée également de"Mayor"), qui régit les rythmes, et possède une grande  libertéd'interprétation, d'enjolivement et d'appels.

-itótele (ou segundo) qui répond aux appels d'iyá, qui possède une moindre liberté de variations, et

-onkónkolo (ou omelé, ou kónkolo) est le gardien du tempo et possède lui aussi dans certains cas une liberté de varier.

        Chacune des extrémités d'iyá porte une ceinture de grelots (chaworo et chawori)qui enrichissent sa sonorité.  L'ensemble des trois batá produithuit sons de hauteurs différentes sur les trois peaux (dix sons dans lestyle de Matanzas qui se joue avec d'autres techniques). De plus, lafabrication e tla consécration de ces instruments obéit à des rituelsprécis, et les musiciens subissent une initiation spéciale à Añá, ladivinité qui réside en eux.
   Les chants et les dansesde la santería illustrent parfois d'innombrables légendes. Les danses,expressives, mimétiques, variées et codifiées, évoquent la personnalitédes Orichas. Celles de Yemayá, par exemple, imitent le mouvement de lamer, vagues, houle, tempête ou tourbilllons. Celles de Changó sontélégantes et viriles, et contiennent les symboliques de la foudre, dela guerre ou de la séduction, voire des attitudes sexuelles. Celles de Babalú Ayé illustrent sa malédiction, son agonie et sarésurrection. Dans celles d'Eleguá, les attitudes caractéristiquesillustrent souvent son caractère facétieux. La plupart de ces dansescomportent des ondulations partant du bassin et se transmettent autorse, aux bras... Les danseurs une fois en transe, sont revêtus decostumes de cérémonie et des différents attributs, et évoluent devantles tambours.

     Depuis les années 1940 des revues ontrepris sur scène les musiques et les danses yoruba, souvent de façonanarchique, et immédiatement après la Révolution de 1959 des ensemblesfolkloriques ont été créés, utilisant parfois la danse contemporaine.Des chorégraphies collectives ont été créées, qui s'inspirent desdanses traditionnelles en grande partie individuelles, ainsi que desarrangements musicaux.  Certains éléments du domaine de la scène(de "lo artístíco") ont été repris dans les rituels (a "loreligioso").

       La santería est sans aucundoute la religion la plus pratiquée à Cuba, et s'est vulgariséeaujourd'hui à un tel point que des excès sont parfois constatés, tantles étrangers s'y intéressent. Ces débordements, pour des raisonssouvent économiques, donnent lieu à des phénomènes qu'on nomme"Santurismo" ou "Ochatour". Les anciens critiquent souvent cestransformations qui dénaturent parfois l'authenticité et l'éthique de la religion yoruba sous ses diverses formes.





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